Sunday, May 18, 2008

Danse au théâtre de la ville : Toki de Sankai Juku

Dernier spectacle de danse contemporaine de l'abonnement, nous avons testé pour la première fois un habitué du programme de danse du TDV et là force est de constater que Sankai Juku (l'atelier de la montagne et de la mer) est un ovni; C'est une compagnie japonaise qui a plus de 30 ans d'existence et qui propose un ballet très lent et très zen, qui trouve ses origines et inspiration dans le butô japonais. Et comme on ne connaissait pas cet art, on a été surpris...
Huit danseurs masculins, crâne rasé, torse nu, tout couvert de talc blanc, un pagne de tissu de couleur pastel pour seul vêtement, une plume rouge accroché à une oreille, évoluent sur une étendue plane de sable cernée par sept monolithes d'ardoises dressés; On pense à 2001 l'odyssée de l'espace. Au plafond pend un cercle doré dans lequel monte et descend jusqu'à la scène une flèche dorée, doit on y voir une symbolique mâle/femelle? Le tout : lenteur des mouvements exécutés (les 15 premières minutes sont consacrées à trois danseurs qui se prosternent et effleurent les monolithes), musique asiatique planante confère au spectacle une dimension de rite obscur voire extra terrestre. La chorégraphie laisse beaucoup de place au mime et à l'expression des visages souvent bouches noires grandes ouvertes laissant échapper un cri muet. Quelques beaux passages oniriques et plus dansés ponctuent une représentation esthétique mais hermétique : le drap sur lequel danse le chorégraphe est levé aux quatre coins par des danseurs et là une barge apparait, les danseurs effectuent très serrés des ondulations comme un statuaire de Rodin et l'on imagine une fleur ... Toki, le nom du ballet, se traduit simplement par "un instant dans les temps entrelacés"...les strapontins claquent jusqu'à la dernière minute, le spectacle est parfois plus dans la salle. Après la représentation, on est content d'avoir fait ce voyage initiatique mais on reste dubitatif devant le livret explicatif du TDV car ce ballet serait une réflexion sur le théâtre...

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