Les pas perdus joués par Les voix de Traverse

Quelle bonne idée de jouer les Pas Perdus dans ce squatt d'artistes du 10ème arrondissement. Ce lieu condamné (l'expulsion est prévue en aout) et immense sert le propos de la pièce. Ici il y a de l'espace mais il est bien utilisé. Un grand salon de meubles déglingués accueille le spectateur arrivé à l'heure et lui permet d'admirer les peintures et différentes créations plastiques entreposées ici et là. Le ticket d'entrée est un billet de TGV, le ton est donné : pas prise de tête mais avec de bonnes trouvailles de mise en scène. Les 9 jeunes comédiens, avocats de leur métier, évoluent sur une scène qui ressemblent étrangement à notre mise en espace : un banc au milieu, une table avec des chaises sur le côté et une horloge centrale au dessus du banc. Au début, la metteur en scène propose au public de fermer les yeux afin de profiter au mieux de l'effet sonore : les comédiens arrivent sur scène en imitant le bruit d'une locomotive rentrant en gare. Les scènes s'enchaînent avec plus ou moins de réussite : père-fils, dis à ta tante, la nature, les petits truands... les nettoyeuses, grignotant des petits Lu, sont mises à l'honneur. Le spectacle dure 1h et on ne s'ennuie pas, le monologue du chômeur est un triste mais beau moment. Les scènes de groupe sont particulièrement réussies, le groupe compact comme une photo de famille, part du fond de la scène et s'avance en diagonale, chacun chuchotant son texte à l'infini pendant qu'un seul dit le sien à voix haute. Le groupe final se joue parmi les spectateurs, chaque personnage répétant tel un carillon le premier mot de sa réplique à chaque changement de prise de parole. Etonnant!



