L'année brouillard -Michelle Richmond -Note 17/20 Voilà un livre que j'ai adoré et dévoré. Pourtant le sujet n'est pas gai : une enfant sur une plage échappe à la surveillance de sa future belle mère et disparait. A partir de cette trame, l'auteur construit un roman envoûtant sur l'absence mais aussi sur la mémoire et son pendant artistique qu'est la photographie. L'écriture est très belle et fluide. Comme il aborde la mémoire, ce livre plonge le lecteur dans de nombreux flash back qui éclairent l'histoire et les personnages très logiquement et de façon trés réussie. La psychologie et les motivations des personnages sont bien rendues. Par ailleurs, les passages sur la photographie et les informations sur la mémoire s'insèrent idéalement dans le récit; Un très beau livre que je prêterai à mes amies.
Mausolée - Rouja LAZAROVA -Note 16/20
Mausolée est un roman écrit en français par une jeune bulgare émigrée en France dans les années 90. Son livre raconte la vie sous le bloc communiste de plusieurs générations : de 1944 et les déboires de Gaby la grand-mère jusqu’à l’après chute du mur vu par sa petite fille Milena, double de l’auteur.
Rouja Lazarova s’est sûrement très librement inspiré de sa vie et de la vie de ses proches tant l’évocation du communisme au quotidien est saisissante et surprenante.
Le ton est caustique malgré le sérieux du sujet. L’auteur égratine le culte des dirigeants, dont le 1er s’est fait embaumer dans un mausolée, et rend très bien à travers des tranches de vie l’absurdité du régime, les agriculteurs qui deviennent éleveurs, l’effervescence causée par l’arrivée de viande... chez le boucher entre autres. J’ai beaucoup ri à la lecture de ce livre car il y a beaucoup de dérision et jamais de misérabilisme dans ce roman ! En outre, j’ai appris pas mal de choses sur la Bulgarie, pays qui reste malgré tout méconnu des français.
Tout de même, j'ai un seul regret c'est le style de ce livre. Le choix du temps présent n’est pas très judicieux pour évoquer un passé révolu et qui comme à l’image de son premier dirigeant s’est momifié !
Lark et Termite - Jayne Anne Phillips - Note 16/20
J'ai beaucoup aimé ce livre étrange conté à plusieurs voix. Les passages livrés par Termite- l'immobile forment un patchwork d'impressions et de sensations douces et étonnantes. Ils font écho au récit asynchrone de son père soldat qui vit ses derniers instants en Corée et sont complétés par la narration des personnages féminins que sont sa tante Nonie et sa soeur Lark. Les histoires s'imbriquent et s'enrichissent les unes les autres même si heureusement tout ne s'explique pas. L'écrivain est omniscient dans les passages centrés sur le père et sur Termite tandis que Lark et Nonie racontent chacune à la première personne leur histoire. C'est difficile de rentrer dans le livre, de comprendre de prime abord de quoi il est question mais finalement, on se laisse embarquer par le charme onirique dégagé par les personnages. Une écriture habitée qui hante le lecteur une fois ce roman terminé.
et Celui qui a gagné le prix ELLE :
Ce que je sais de Vera Candida - Véronique Ovaldé -Note 15/20
Il s'agit d'un livre dans la lignée des sagas familiales chères aux auteurs sud américains (Garcia Marquez, Isabel Aliende). V Ovaldé met en scène une histoire originale de femmes, des mères sans homme pour élever leurs filles, dans un pays sud-américain imaginaire emblématique de ce continent. Les héroines ne s'en laissent pas compter malgré les assauts qu'elles subissent des hommes et malgré la pauvreté. Pour rompre la sombre destinée qui se renforce de mère en fille, Vera Candida quitte son ile natale et part pour le continent afin de se donner une chance. Son courage et sa volonté feront le reste. Les personnages rencontrés dans ce livre sont étranges et touchants. On suit avec plaisir leurs déboires car il apparaît clairement dès le début que l'auteur ne les laissera pas tomber, que la force qui émane d'eux sera plus forte que la fatalité
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