Friday, May 28, 2010

Jury Elle mon livre préféré

Il a été mis en 2ème position par le Jury des lectrices de Elle

Les saisons de la solitude - Joseph Boyden -
Note 17/20

Les saisons de la solitude est un superbe roman qui suit la trace d'une famille d'indiens Cree au Canada. L'oncle Will est dans le coma mais sa voix conte au lecteur ses histoires de trappeur des forêts boréales, de chasse et d'affût et ces descriptions font vibrer : le piège se referme sur le lecteur qui est captivé par les usages immuables des premières nations. Annie, sa nièce, à son chevet à l'hopital, lui raconte pour le stimuler ses aventures décalées à Manhattan, dans la jungle de la planète people. Cependant, les menaces les plus graves ne viennent pas de la nature mais de haines et de vengeances entre famille. Ici ce sont les indiens contre les bikers.
J'ai beaucoup apprécié ce roman atypique et généreux qui célèbre l'amour, l'amitié et la communion avec la nature. L'auteur réussit à construire des personnages profonds et forts et à faire partager l'intensité des épreuves qu'ils traversent. Lorsque j'ai fini ce livre, j'étais triste de quitter Annie et Will.

Jury Elle 2009-2010 : mes 5 romans préférés

L'année brouillard -Michelle Richmond -Note 17/20

Voilà un livre que j'ai adoré et dévoré. Pourtant le sujet n'est pas gai : une enfant sur une plage échappe à la surveillance de sa future belle mère et disparait. A partir de cette trame, l'auteur construit un roman envoûtant sur l'absence mais aussi sur la mémoire et son pendant artistique qu'est la photographie. L'écriture est très belle et fluide. Comme il aborde la mémoire, ce livre plonge le lecteur dans de nombreux flash back qui éclairent l'histoire et les personnages très logiquement et de façon trés réussie. La psychologie et les motivations des personnages sont bien rendues. Par ailleurs, les passages sur la photographie et les informations sur la mémoire s'insèrent idéalement dans le récit; Un très beau livre que je prêterai à mes amies.


Mausolée - Rouja LAZAROVA -Note 16/20

Mausolée est un roman écrit en français par une jeune bulgare émigrée en France dans les années 90. Son livre raconte la vie sous le bloc communiste de plusieurs générations : de 1944 et les déboires de Gaby la grand-mère jusqu’à l’après chute du mur vu par sa petite fille Milena, double de l’auteur.

Rouja Lazarova s’est sûrement très librement inspiré de sa vie et de la vie de ses proches tant l’évocation du communisme au quotidien est saisissante et surprenante.

Le ton est caustique malgré le sérieux du sujet. L’auteur égratine le culte des dirigeants, dont le 1er s’est fait embaumer dans un mausolée, et rend très bien à travers des tranches de vie l’absurdité du régime, les agriculteurs qui deviennent éleveurs, l’effervescence causée par l’arrivée de viande... chez le boucher entre autres. J’ai beaucoup ri à la lecture de ce livre car il y a beaucoup de dérision et jamais de misérabilisme dans ce roman ! En outre, j’ai appris pas mal de choses sur la Bulgarie, pays qui reste malgré tout méconnu des français.

Tout de même, j'ai un seul regret c'est le style de ce livre. Le choix du temps présent n’est pas très judicieux pour évoquer un passé révolu et qui comme à l’image de son premier dirigeant s’est momifié !


Lark et Termite - Jayne Anne Phillips - Note 16/20

J'ai beaucoup aimé ce livre étrange conté à plusieurs voix. Les passages livrés par Termite- l'immobile forment un patchwork d'impressions et de sensations douces et étonnantes. Ils font écho au récit asynchrone de son père soldat qui vit ses derniers instants en Corée et sont complétés par la narration des personnages féminins que sont sa tante Nonie et sa soeur Lark. Les histoires s'imbriquent et s'enrichissent les unes les autres même si heureusement tout ne s'explique pas. L'écrivain est omniscient dans les passages centrés sur le père et sur Termite tandis que Lark et Nonie racontent chacune à la première personne leur histoire. C'est difficile de rentrer dans le livre, de comprendre de prime abord de quoi il est question mais finalement, on se laisse embarquer par le charme onirique dégagé par les personnages. Une écriture habitée qui hante le lecteur une fois ce roman terminé.

et Celui qui a gagné le prix ELLE :

Ce que je sais de Vera Candida - Véronique Ovaldé -Note 15/20

Il s'agit d'un livre dans la lignée des sagas familiales chères aux auteurs sud américains (Garcia Marquez, Isabel Aliende). V Ovaldé met en scène une histoire originale de femmes, des mères sans homme pour élever leurs filles, dans un pays sud-américain imaginaire emblématique de ce continent. Les héroines ne s'en laissent pas compter malgré les assauts qu'elles subissent des hommes et malgré la pauvreté. Pour rompre la sombre destinée qui se renforce de mère en fille, Vera Candida quitte son ile natale et part pour le continent afin de se donner une chance. Son courage et sa volonté feront le reste. Les personnages rencontrés dans ce livre sont étranges et touchants. On suit avec plaisir leurs déboires car il apparaît clairement dès le début que l'auteur ne les laissera pas tomber, que la force qui émane d'eux sera plus forte que la fatalité


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Tuesday, June 17, 2008

Prenez soin de vous: expo Sophie Calle à la BNF


Sophie Calle, artiste plasticienne, photographe, écrivaine et réalisatrice française fait, depuis plus de trente ans, de sa vie, notamment des moments les plus intimes, son œuvre, en utilisant tous les supports possibles : livres, photos, vidéos, films, performances…Elle dévoile, entre performances et romans, une démarche narrative où se mêlent fétichisme, représentation et voyeurisme.
L'expo, précédemment à la biennale de Venise, a lieu à la BNF dans une magnifique salle de lecture avec lampes vertes et lambris en bois. Elle se construit autour d’une lettre de rupture écrite par un écrivain, dont Sophie Calle est destinataire. "Prenez soin de vous" qui est le titre de l'expo est aussi la dernière phrase de cette lettre peu flatteuse. Sophie Calle a demandé à 107 femmes d’interpréter / d'analyser ce texte alambiqué et cynique. Des comédiennes et chanteuses l'interprètent à leur façon, dans leur langue, selon leur style sur des supports vidéo. Des femmes de tous métiers analysent ou se réapproprient le texte via des supports papiers.
Le tout est très eclectique et réjouissant: la clown, la chanteuse de Fado, la chanteuse Camille, un perroquet femelle hilarant qui déchire la lettre, Ariane Ascaride très en verve, Nathalie Dessay improvisant un air d'opéra... pour la partie vidéo.
Parmi les autres femmes, figurent une philosophe, une psychologue, une voyante qui fait le thème astral de l'expéditeur de la lettre, une adolescente qui répond en texto, une tireuse d'élite qui prend la lettre pour cible... et même une avocate et une comptable!
Il faut beaucoup de temps pour tout voir et le résultat est assez surprenant : un kaléidoscope de sensations et d'idées pour cet exercice de style très réussi.

Sunday, May 18, 2008

Ciao Stefano

C'est un film italien qui est sorti assez récemment et que j'encourage à aller voir.
Dans la digne lignée de "nos meilleurs années", le film raconte l'histoire d'une famille et plus précisément d'une fratrie dans le sud de l'Italie. Stefano, guitariste dans un groupe rock à Rome, revient dans sa famille après des déboires amoureux et professionnels. Là-bas, il se rend compte que tout n'est pas si lent à l'image des ralentisseurs et autres radars de vitesse installés dans la petite bourgade contre toute logique, ni si simple en province : l'entreprise familiale d'embouteillage de cerises est au bord de la faillite, sa mère est déboussolée, son frère est en plein divorce... bref ce n'est pas ce qu'il espérait pour se ressourcer. Du coup, le voilà très concerné par sa famille et désireux d'aider mais révélations et règlements de compte sont aussi la conséquence de ce retour impromptu. Le ton oscille entre le loufoque, la comédie et parfois le drame. Les acteurs sont super attachants et jouent juste. C'est un film sympathique qui ne se prend pas la tête dont la "morale" pourrait être qu'il faut mieux que chacun règle seul ses problèmes car il a les ressources en lui pour avancer et se libérer...

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Danse au théâtre de la ville : Toki de Sankai Juku

Dernier spectacle de danse contemporaine de l'abonnement, nous avons testé pour la première fois un habitué du programme de danse du TDV et là force est de constater que Sankai Juku (l'atelier de la montagne et de la mer) est un ovni; C'est une compagnie japonaise qui a plus de 30 ans d'existence et qui propose un ballet très lent et très zen, qui trouve ses origines et inspiration dans le butô japonais. Et comme on ne connaissait pas cet art, on a été surpris...
Huit danseurs masculins, crâne rasé, torse nu, tout couvert de talc blanc, un pagne de tissu de couleur pastel pour seul vêtement, une plume rouge accroché à une oreille, évoluent sur une étendue plane de sable cernée par sept monolithes d'ardoises dressés; On pense à 2001 l'odyssée de l'espace. Au plafond pend un cercle doré dans lequel monte et descend jusqu'à la scène une flèche dorée, doit on y voir une symbolique mâle/femelle? Le tout : lenteur des mouvements exécutés (les 15 premières minutes sont consacrées à trois danseurs qui se prosternent et effleurent les monolithes), musique asiatique planante confère au spectacle une dimension de rite obscur voire extra terrestre. La chorégraphie laisse beaucoup de place au mime et à l'expression des visages souvent bouches noires grandes ouvertes laissant échapper un cri muet. Quelques beaux passages oniriques et plus dansés ponctuent une représentation esthétique mais hermétique : le drap sur lequel danse le chorégraphe est levé aux quatre coins par des danseurs et là une barge apparait, les danseurs effectuent très serrés des ondulations comme un statuaire de Rodin et l'on imagine une fleur ... Toki, le nom du ballet, se traduit simplement par "un instant dans les temps entrelacés"...les strapontins claquent jusqu'à la dernière minute, le spectacle est parfois plus dans la salle. Après la représentation, on est content d'avoir fait ce voyage initiatique mais on reste dubitatif devant le livret explicatif du TDV car ce ballet serait une réflexion sur le théâtre...

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Sunday, March 02, 2008

Les sédentaires :

Cécile et Boris, deux très chers amis, font actuellement le tour du monde pendant un an. Ils sont partis début décembre 2007. Ils voyageront en Amérique du Sud, Océanie et Asie, en passant par une douzaine de pays. Nomades-pour-un-an,ils racontent et partagent leurs aventures sur un blog. Leurs photos sont magnifiques. C'est super, on voudrait être avec eux tellement ils ont l'air heureux et tellement la Terre est vaste et belle! Lorsque nous consultons leur blog, nous nous évadons...

Nous voulons créer le pendant de leur blog pour leur raconter aussi notre vie pendant ce temps-là, pour qu'ils sachent ce qui se passe en France.
Notre but sera de raconter à plusieurs mains notre vie et nos aventures quotidiennes les plus marquantes photos à l'appui!

C'est prochainement sur 2008àParis

Histoire de chambre

Par ce morne dimanche de mars, j'ai regardé en dvd "10ème chambre", reportage de Raymond Depardon qui relate des moments choisis de la 10ème chambre correctionnelle de Paris en juin 2003.
C'est assez étonnant de voir, quand on est une non initiée, le déroulement de ces audiences et leurs délibérés. Les délits sont au départ minimes et commis par monsieur tout le monde : conduites en état d'ivresse, insulte à Pervenche puis plus graves avec les comparutions immédiates : vols commis par des récidivistes, vente de stupéfiants...
La juge a peu de temps, elle coupe la parole des prévenus, elle est sûre d'elle. C'en est flippant. Dès qu'elle sent une opposition ou une réticence, elle "casse" le prévenu sans retenue tel ce sociologue pris dans un contrôle de police qui n'a pas voulu se soumettre à la prise d'empreintes et qui se baladait avec dans son sac un Opinel considéré comme une arme.
Le procureur est toujours là pour en remettre une couche, "1 mois avec sursis + 800 euros d'amende" requis pour le sociologue parce qu'il se croit à tort dans son bon droit. Pour lui faire les pieds?
Chaque cas prend 10 minutes montre en main. Les prévenus assistés ou non d'un avocat se défendent hyper mal, moins ils parlent, moins ils aggravent leur cas tel ce jeune homme suspecté de vendre du shit "mon pote me devait 10 euros donc il me les rend et puis après je lui donne du shit sans contrepartie, c'est sur ma conso personnelle, il n'y a pas de lien avec les 10 euros", d'autres sont d'une naîveté touchante surtout le cas du sans papier arrivé en France à 16 ans, la plupart sont désarmés, désorientés par les "arrêtez de vous excuser", " parlez", "ne parlez pas" assénés par la juge. Les avocats essaient avec plus ou moins de bonheur de défendre leurs clients tel cet individu qui aurait menacé un homme avec un couteau, difficile comme le fait remarquer l'avocat car le prévenu a un plâtre et le bras en écharpe!

Ceux qui font profil bas et acte de contrition auront les meilleurs délibérés. Je le note pour plus tard, on ne sait jamais.

Nul n'est censé ignoré la loi.... mais tout de même je ferai attention avec les Opinels!

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I am back

Pourquoi un blog?

Tel un rempart contre le temps, tel un pont entre vous et moi, tel un bel album de souvenirs à feuilleter, tel un exercice d'écriture, tel un lieu de partage, tel un témoignage, the blang est une
aventure à vivre et à continuer;
Après une mise en quarantaine prolongée suite à une crise de renoncement, the blang rouvre ces pages!

NEWS :
Tandis que de chers amis font le tour du monde et racontent leurs aventures terrestres et sous marines sur le blog nomades pour un an, l'idée est venue de notre côté, citadins parisiens, de créer un blog.

à suivre prochainement !

Monday, July 16, 2007

Avignon 2007, le résumé :

Recommandés pour ceux qui vont à Avignon:
- Arturo Ui de Brecht joué au collège de la salle à 22h
- Sujet Chomsky de et avec Saïda Churchill au théâtre des corps saints à 13h30
- La ménagerie de Verre au théâtre de l'Oulle à 13h20
- Ubu façon comédia dell'arte à la cour du Barouf à 18h
- La leçon de Ionesco au théâtre du Verbe fou à 20h

Toujours à l'affiche et appréciés les années précédentes :
- Lettres de délation au théâtre des Béliers à 19h30
- le prophète de Khalil Gibran à la chapelle de l'oratoire à 14h
- Courtes de JC Grumberg au théâtre des conditions de soie à 18h30
- Et Vian dans les dents au théâtre des conditions de soie à 21h30

Vu aussi cette année :
- J'irai cracher sur vos tombes de Vian
- Huis clos de Sartre
- Un hiver sous la table de Topor
- Le ventre des Philosophes de Michel Onfray
- un spectacle de danse contemporaine : Neige Ecarlate
- un one man show musical

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